Caretera australe sud Coyaique- Ushuaïa. Du 18 Fevrier au 27 Mars 2009
Écrit par Brice   
Vendredi, 27 Mars 2009 21:04
Ushuaïa, le 27 Mars 2009
Hola,

Le 18 Fevrier  nous reprenons la route toujours à trois mais l' équipe a changé. Jeremi repart vers le nord, Elise a acheté un velo et decide de partager la route avec nous. Nous quittons Coyaïhque sous une pluie glaciale. La route asphaltée n' est pas difficile mais notre moral est un peu à plat, cette pluie y est pour beaucoup! Santa CruzAu bout de 6 heures nous sommes trempé, une longue montée aboutie à un centre forestier où des rangers nous offrent un toît. Ils nous ouvrent une cabaña chauffée pour passer la nuit, nous nous détendons enfin.
A mesure que la soirée avance la cabaña se remplie de cyclistes naufragés de la route. Nous sommes finalement six, deux chiliens, un argentin et nous trois, à partager la chaleur du poêle et nos provisions de soupes, polenta et chocolat chaud. Le lendemain le soleil brille de nouveau, une petite étape nous conduit vers villa Cerro Castillo, une petite bourgade encerclée par la montagne du même nom, une gigantesque muraille de granite noir, chapautée d' un immense glacier. Les journées passent et ne se ressemblent pas, depuis quelques jours nous cheminons avec Panchos et Christian deux chiliens. Nos étapes sont courtes (environs 50 à 70Km par jours) en raisons du mauvais etat de la piste. Heureusement le paysage est d'une diversité qui nous surprend à chaque virage. Nous remontons une vallée asséchée jusqu'à un petits col, qui une fois franchis nous ouvre la route d'une nouvelle vallée. Celle ci est  innondée. Toute une forêt a les pieds dans l'eau, le bois parait mort depuis bien longtemps. ajoutée à la brume, à la couleur anthracite du ciel et au noir du granite des montagnes qui nous entourent,  un malaise imperceptible me traverse l'échine,  je ressent comme une drôle d'impression de fin du monde. Une longue descente et le decors change à nouveau, chaque vallée a son climat qui lui est propre. Quelques chemins plus loin et nous faisons face au Lago General Carerra, le deuxième plus grand lac d'Amerique du sud apres le Titicaca. Il nous faudra deux journées entières pour le contourner et nous ne nous lassons pas de contempler cette etendue d' eaux glaciale, turquoise, entourée par les glaciers du "Campo de Hielo". Ce "champs de glace" est un complexe de glaciers qui s' étire du nord au sud sur plusieurs centaines de kilomètres. C'est la troisième reserve d'eau douce de la planète après les deux pôles et comme eux elle est en complète remission, elle fond inéxorablement... . A puerto tranquilo nous faisons nos adios à Pancho et Christian qui nous tendent une tablette de chocolat a chacun, en guise de cadeau d'adieu. De l'energie et du reconfort en cas de coup dur, un vrai cadeau de cyclos !  Decidement les Chiliens font preuve d'une hospitalité qui nous touchent tous les jours un peu plus. Pour arpenter cette careterra a longueur d'année Ils savent ce dont nous avons besoins et comment nous recevoir. Ce soir en route pour Cochrane nous sommes invité par un jeune guide dans sa cabaña. En plus d'un lit et de la chaleur de son poêle il nous offre ô plaisir suprême une douche bien chaude ! Nous nous détendons ensuite autour du feu et nous partageons un maté, une infusion sud-americaine qui se sert dans une calbasse et qui se boit avec une paille en métal. Chacun aspire une petite gorgée de cette herbe amère puis passe la calbasse à son voisin. Le feu crépite, nous parlons peu, nos hôtes sont aussi fatigues que nous de leur journée, nous savourons ensemble ce moment de calme et de fraternité simple. Les mots sont inutiles, le bonheur... complet !  Le lendemain nous arrivons à Cochrane la dernière ville chilienne digne de ce nom sur la Caretera austral. Nous y passons une journée à nous reposer.
Mis à jour le Jeudi, 23 Avril 2009 14:43
Lire la suite...
 
Coyhaique, Caretera Australe Norte du 6 au 16 fevrier 09
Écrit par Brice   
Lundi, 16 Février 2009 22:40

A l'attaque !
Cette fois ça y est , nous deboulons : cap au sud et vent portant sur la Caretera Australe. Le paysage qui nous entoure est prometteur, nous naviguons à travers une vallée encaissée bordée de glaciers. Après 50 Km nous dressons le camps sous un pont, au bord d'une rivière. Dès le premier jour nous sommes étonnés par le nombre de cyclistes que nous croisons : 6 le premier jour et 5 le deuxieme. Les premiers jours la route est assez plate mais j'ai cassé le cable de mon dérailleur arrière et doit adopter un rythme adéquate à toutes les jambes. Nous réalisons des étapes de 50 Km par jours. La première montée avant La Junta fait des dégats mais c´est dans ce petit village que je trouve enfin un nouveau cable, ça fait du bien ! Comment vous décrire ce qu'est la caretera. C'est une route, bien sûr, mais c'est bien plus que ça! C'est un chemin mythique, parcouru du nord au sud par des voyageurs du monde entier ; ils l'empruntent à pied, à velo, en moto, en 4*4 et en camping car. Cette "route" est la plupart du temps un grand chemin parfois de terre et parfois de cailloux qui s'étire à travers les terres australes pour relier les petits ports et les miniscules bourgades des hautes latitudes. Je n'est pas trouvé beaucoup de dificultés à cette premiere partie si ce n´est la météo. En une journée il peut pleuvoir, faire beau au même moment. Le vent peut souffler une heure du nord vers le sud et l'heure suivante du sud vers le nord. Les paysages sont souvent saisissants. Parfois nous traversons d'épaisses barrières humides de végétations. Puis la route s'ouvre sur la cordillère des Andes, sillonnant à travers de gigantesques fjords qui declinent la palette des bleus à l'infini. Le soir nous plantons nos tentes au bord des rivières, nous allumons un feu et nous tentons de pêcher (sans succès) les delicieux saumons qui (soi disant) pullulent dans les parrages. Pour agrémenter nos repas nous nous contentons de délicieuses boîtes de moules en rêvant au énormes saumons que demain nous pêcherons ! Depuis 3 jours nous sommes a Coihaique, une petite ville étape sur la Caretera Australe. Une nouvelle compagne va prendre la route avec nous, notre petite équipe se transforme, Buzz nous quitte il est temps pour lui de reprendre le chemin de Paris. Elise quant à elle, reprend la route, nous revoilà partis pour de nouvelles aventures, Australes !

Adelante Compañeros!!
Ciao a todos
El Brice
Mis à jour le Dimanche, 22 Février 2009 19:41
 
Ile de Chiloe du 27 au 6 janvier 2009
Écrit par Brice   
Lundi, 16 Février 2009 22:25

Le 27 janvier nous quittons Ancud et nous décidons de bifurquer sur une petite route qui longe la côte, loin de la ruta 5 un peu trop encombrée à notre goût. Heureux sont les ignorants, très vite le sympatique petit sentier de terre se transforme en calvaire. Les montagnes russes reprennent de plus belle. Au menu, route de sable et de cailloux, montées et descentes à pic à volonté jusqu'à étouffement! C'est le baptême du feu pour Jass, je la vois changer de visage d'heure en heure. Le joli sourire qui éclaire son visage la plus part du temps n'est plus qu'un souvenir, son moral et ses cuisses en ont pris un bon coup! En 20 kilomètres, elle est rincée. Nous nous arrêtons à l'ombre pour manger et nous abriter du soleil qui décidément ne fait pas de cadeaux sous ces latitudes. A la difficulté du terrain il faut ajouter le problème de l'orientation, rien n'est indiqué, nous devons demander notre chemin à toutes les personnes que nous croisons et comme nous n'en croisons pas beaucoup... Nous devons souvent faire demi tour, redescendre une côte pour en remonter une autre. Après 8 heures de voyage nous n'avons couvert que 30 kilomètres, nous décidons de faire étape à Linao, un minuscule village de pêcheurs. Plage de LinaoNous campons sur la plage, face au golfe d'Ancud, face aux eaux bleues foncées du pacifique sud. C'est le calme après la tempête, nous admirons le soleil se coucher sur la petite baie, çà et là quelques oiseaux de mer se disputent les restes de poissons laissés par les petits chalutiers, les derniers pêcheurs de coquillages rentrent les sacoches pleines de savoureux Mariscos, ils nous saluent, nous n'avons pas l'air de les déranger. La journée se termine, l'île de Chiloe s'endort et nous avec. Nous pensions la journée terminée, mais nous nous trompions, vers trois heures une forte odeur d'iode et le souffle d'un gigantesque animal me reveille.

Mis à jour le Dimanche, 22 Février 2009 20:26
Lire la suite...